Monthly Archives: August 2016

Quote – Guy Debord

“L’urbanisme est cette prise de possession de l’environnement naturel et humain par le capitalisme qui, se développant logiquement en domination absolue, peut et doit maintenant refaire la totalité de l’espace comme son propre décor.”
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“L’urbanisme est l’accomplissement moderne de la tâche ininterrompue qui sauvegarde le pouvoir de classe : le maintien de l’atomisation des travailleurs que les conditions urbaines de production avaient dangereusement rassemblés. La lutte constante qui a dû être menée contre tous les aspects de cette possibilité de rencontre trouve dans l’urbanisme son champ privilégié. L’effort de tous les pouvoirs établis, depuis les expériences de la Révolution française, pour accroître les moyens de maintenir l’ordre dans la rue, culmine finalement dans la suppression de la rue. « Avec les moyens de communication de masse sur de grandes distances, l’isolement de la population s’est avéré un moyen de contrôle beaucoup plus efficace », constate Lewis Mumford dans La Cité à travers l’histoire, en décrivant un « monde désormais à sens unique ». Mais le mouvement général de l’isolement, qui est la réalité de l’urbanisme, doit aussi contenir une réintégration contrôlée des travailleurs, selon les nécessités planifiables de la production et de la consommation. L’intégration au système doit ressaisir les individus isolés en tant qu’individus isolés ensemble : les usines comme les maisons de la culture, les villages de vacances comme les « grands ensembles », sont spécialement organisés pour les fins de cette pseudo-collectivité qui accompagne aussi l’individu isolé dans la cellule familiale : l’emploi généralisé des récepteurs du message spectaculaire fait que son isolement se retrouve peuplé des images dominantes, images qui par cet isolement seulement acquièrent leur pleine puissance.”
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“L’histoire qui menace ce monde crépusculaire est aussi la force qui peut soumettre l’espace au temps vécu. La révolution prolétarienne est cette critique de la géographie humaine à travers laquelle les individus et les communautés ont à construire les sites et les événements correspondant à l’appropriation, non plus seulement de leur travail, mais de leur histoire totale. Dans cet espace mouvant du jeu, et des variations librement choisies des règles du jeu, l’autonomie du lieu peut se retrouver, sans réintroduire un attachement exclusif au sol, et par là ramener la réalité du voyage, et de la vie comprise comme un voyage ayant en lui-même tout son sens. ”

– Guy Debord, La Société du Spectacle

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L’invention de la science, Guillaume Carnino, 2015

Guillaume Carnino, L’invention de la science, 2015

“Le livre propose une enquête historique et généalogique permettant de comprendre pourquoi et comment, en France, à l’heure de la IIIe République, l’idée selon laquelle la science serait garante du vrai, en est venue à être unanimement partagée. Il raconte aussi comment à cette époque, la science et la technique, sont devenus le meilleur soutient du culte d’État, laïque et obligatoire, de la religion du progrès et de la croissance.”
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“Si on veut définir la science, je pense qu’on a perdu. Parce que la science, c’est un compromis qui met des choses qui n’on rien à voir ensemble. Si on lit des écrits du XIXe siècle aussi bien que ce que l’on en raconte aujourd’hui, il y a deux idées très contradictoires dans l’idée de science. Il y a à la fois l’idée que la science est neutre, objective et en même temps le fait que c’est la science qui transforme et produit le monde. La science ne peut pas prétendre ne rien promettre à personne et promettre la transformation du monde tout en continuant à prétendre n’être responsable de rien. Cette contradiction à la base de la science, historiquement sa définition est le produit d’un compromis social et politique. Et ce compromis est contradictoire, parce que les forces sociales étaient, jusqu’à un certain point, en contradiction.”
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“Il me semble donc qu’il faut inverser la question : pas « qu’est ce que la science ? », mais « pourquoi on parle de science ? » Et là on s’aperçoit de quelque chose de trivial, à savoir que deux scientifiques qui discutent de la validité de leurs théories, ils ne parlent jamais de “la science”, ils n’en ont pas besoin. Ils vont se houspiller sur des questions comme : « est-ce que telle expérience a été bien réalisée ? », « est-ce qu’il y a des erreurs de calcul ? », « est-ce que tes présupposés et tes hypothèses sont les bonnes ? », etc. Mais ils n’auront pas besoin de mobiliser “la science”.

Qui parle de “la science” ? La vulgarisation, pour expliquer au peuple la vérité révélée. Et surtout, c’est ce que je montre dès le XIXe siècle et qui est encore valable aujourd’hui, du côté des experts qui veulent éteindre des controverses. […] On a des obscurantistes qui refusent le progrès. Les experts nous expliquent que tout va très bien, que les normes sont respectées. Les experts nous certifient que « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ». Circulez, il n’y a rien à voir.

Je crois que le message de “la science” au singulier, c’est ce message d’exclusion au fond. Il consiste à dire: il y a des gens qui savent, et il y a des gens qui ne savent pas. Et c’est un problème fondateur pour la démocratie, qu’elle soit à quatre dans une petite association ou à plusieurs millions dans une nation ou encore à l’échelle de la planète, le problème de base, c’est de savoir qui est dedans et qui est dehors. Est-ce que les étrangers, les femmes, les enfants en deçà d’un certain âge, etc. en font partie ? Historiquement, il y a eu plein de réponses très diverses. Donc, ce problème de savoir qui a le droit ou non de discuter de certaines choses, invoquer “la science” est une manière de le résoudre, parce qu’il y a ceux qui savent et ceux qui ne savent pas. Et ceux qui ne savent pas n’ont pas voix au chapitre pour les questions qui me semblent les plus centrales actuellement, qui sont le devenir matériel, industriel et scientifique de notre monde.

A partir du moment où on a accepté cette partition entre le profane et le sacré, fut-il le clergé des experts qui récite le catéchisme scientifique, qui dit la vérité au peuple qui n’y connaît rien, je pense qu’on a perdu. C’est pour cela que je pense qu’il ne faut pas chercher à définir “la science”, mais montrer le jeu de dupes qui est à la base de ce qu’est historiquement la science. Tant que l’on aura pas remis ça en question, nous aurons beaucoup de mal a reprendre en main notre destinée.”

Tiré de Et vous n’avez encore rien vu…

Derrière la subjectivité des journalistes

Derrière la subjectivité des journalistes

par Alain Accardo

“Pourquoi le discours médiatique semble-t-il converger spontanément vers la légitimation de l’ordre établi et apporter ainsi une contribution indispensable à la pérennité du système social ? Nul complot là-dedans. L’aspect concerté semble en effet minoritaire. Le recrutement social des journalistes et leur capacité à s’imprégner de l’idéologie des classes dirigeantes créent entre eux une communauté d’inspiration. Il leur suffit souvent de travailler « comme ils sentent » pour travailler « comme ils doivent ». C’est-à-dire comme ils ne devraient pas.”

Tiré du Monde Diplomatique

Formindep – Ce que nous sommes, ce que nous ne sommes pas

Formindep – Ce que nous sommes, ce que nous ne sommes pas

par Collectif Formindep

“Un bon soin est un soin nécessaire, fondé sur des preuves scientifiques et le partage d’information avec le patient, et respectueux de ses choix et décisions.
Nous combattons les influences qui, en s’opposant à cet objectif de soin, deviennent un risque sanitaire pour le patient. Ce sont notamment l’interférence d’intérêts commerciaux, d’idéologies ou d’injonctions administratives dans la formation, l’information médicales et la chaîne de soins.

Nous souhaitons développer l’esprit critique et la culture scientifique des soignants comme des patients, pour que les décisions de soins soient fondées sur les données de la science et les choix des patients, et non sur des discours biaisés en faveur d’un intérêt qui n’est pas le leur.

Nous ne délivrons pas de consignes. Trop de parties s’arrogent le droit de décréter de façon péremptoire, souvent sur la foi de simples arguments d’autorité, quelle est la “vérité”, ce qu’il convient de penser, de décider, de choisir pour sa propre santé.
Nous pensons que l’esprit critique et la culture scientifique sont excellents pour la santé.”

Tiré de Formindep

Alain Desrosières, L’Argument statistique. Pour une sociologie historique de la quantification (tome I) et Gouverner par les nombres (tome II)

Alain Desrosières, L’Argument statistique. Pour une sociologie historique de la quantification (tome I) et Gouverner par les nombres (tome II). Paris, Presses de l’école des Mines, 2008

par Benjamin Lemoine

“L’appareillage statistique est conçu, se légitime et voit son institutionnalisation se consolider à travers le temps dans l’espace ténu situé entre la science et l’État. En effet, la statistique est fortement associée à la construction de l’État : « le mot lui-même l’indique, la statistik allemande du 18e siècle était une description organisée de l’État, directement destinée au prince. De nos jours encore, la “fiabilité”, ou plutôt la légitimité des statistiques publiques, est fortement liée à deux autorités en général disjointes, celle de la science et celle de l’État » (p. 105, t. I).

L’argument statistique se caractérise par le fait de cumuler en permanence les caractéristiques d’un « outil de preuve », fortement empreint de formalisme mathématique et d’un « outil de coordination », implémenté notamment par les registres administratifs, les enquêtes sur le budget des familles, ou encore les enquêtes de conjoncture : « La légitimité sociale des statisticiens, quand elle parvient à s’imposer, ne provient donc pas de méthodologies formelles encore inexistantes mais de leur capacité à s’insérer dans des projets socio-politiques plus vastes en s’y affirmant comme des points de passage obligés » (p. 44, t. II).”
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“L’ensemble des usages statistiques de cette époque sont traversés par ce que l’auteur identifie comme un usage de la statistique en référence à une métrologie réaliste. C’est la période où les sciences humaines, de la démographie à la sociologie, voient dans la statistique le moyen de se rendre plus scientifiques. Dans ce cadre, la statistique est pensée comme un simple instrument de « mesure » d’une réalité extérieure, préexistante et que l’instrument ne fait que « refléter ». Mais, simultanément et au sein même de cette instrumentation de la quantification et des techniques de l’ingénieur par les sciences humaines, germe une « exigence dite de réflexivité qui conduit à examiner les dimensions historiquement et socialement situées des outils techniques eux-mêmes (notamment pour les nomenclatures) » (p. 292, t. I). Toute l’ambivalence qui traverse l’intérêt de la sociologie pour les formes quantifiées est ici condensée : d’une part, on trouve des sciences humaines en quête de légitimité scientifique, qui cherchent à sortir de la gangue « littéraire » dans laquelle elles se sentent cantonnées et veulent ainsi profiter des bénéfices d’un appareil de preuve statistique, apte à les faire gagner en scientificité et, d’autre part, on voit émerger une sociologie qui s’interroge sur la construction des classements, des catégorisations et des divisions du monde social. C’est cette seconde pente qu’Alain Desrosières a empruntée au cours de son parcours intellectuel, en prenant garde de ne jamais céder au « constructivisme relativiste ».”
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“Selon Desrosières, ce qui intéresse majoritairement le monde social et particulièrement le monde des décideurs politiques, c’est donc que « la raison statistique » fournisse une « banque de données », directement utilisable et maniable à la façon d’une « cartouche de science indiscutable » (p. 77-100, t. I). Et, comme le rappelle le sociologue de la quantification, utilisant le travail de Ian Hacking, la démarche constructiviste, qui consiste à révéler les conventions qui président à l’élaboration des statistiques en les dénaturalisant, est indissociablement un acte politique et scientifique et, en cela, tend à emboîter le pas d’une critique relativiste de la science statistique. Toute la difficulté du métier de sociologue de la quantification consiste à historiciser des formes quantifiées sans pour autant anéantir leur force sociale de point de repère et d’appui argumentatif solide : « Quel langage imaginer qui ne soit ni celui du réalisme métrologique naïf des sciences de la nature (qui est comme le rêve perdu impossible des sciences sociales quantitatives), ni celui d’un constructivisme relativiste, vu comme la négation de la dure réalité d’un monde social dont la description ne relèverait que de l’arbitraire de rapports sociaux contingents orientés par des intérêts particuliers ? » (p. 65, t. I). Une des forces de l’analyse de Desrosières est de ne pas chercher à résoudre in abstracto cette question épistémologique, mais de préférer observer empiriquement comment les tensions sur ces épistémologies contradictoires sont mobilisées et résolues en situation par les acteurs des controverses portant sur les formes quantifiées. Si un tel report sur les acteurs de la tension entre constructivisme et réalisme sur la statistique a le mérite de ne pas trancher dans le vide par une décision du chercheur, ce dualisme apparaît comme une question lancinante qui parcourt et structure l’ensemble des cas exposés dans les deux ouvrages. On peut regretter que la solution, qui consiste à considérer que plus les montages quantifiés sont construits et circulent facilement dans de nombreuses transactions et plus ces derniers sont réels, soit exposée a minima par l’auteur. Au final, les deux ouvrages d’Alain Desrosières inaugurent un programme de recherche prometteur pour la sociologie de la quantification. Et notamment en laissant ouverte la question de la nature et du nombre des participants aux discussions et controverses sur ces assemblages statistiques des démocraties techniques. Controverses dont l’accès, notamment en amont de la chaîne de production, précisément là où se nouent de fortes irréversibilités, semble encore très coûteux et réservé au cercle restreint des initiés des arènes institutionnelles.”

Tiré de Cairn.info

Leur écologie et la nôtre

Leur écologie et la nôtre

par André Gorz

« Aussi n’est-ce pas tant à la croissance qu’il faut s’attaquer qu’à la mystification qu’elle entretient » (Gorz 1974)

“Le pouvoir central renforcera son contrôle sur la société : des technocrates calculeront des normes « optimales » de dépollution et de production, édicteront des réglementations, étendront les domaines de « vie programmée » et le champ d’activité des appareils de répression.
On détournera la colère populaire, par des mythes compensateurs, contre des boucs émissaires commodes (les minorités ethniques ou raciales, par exemple, les « chevelus », les jeunes…) et l’Etat n’assoira plus son pouvoir que sur la puissance de ses appareils : bureaucratie, police, armée, milices rempliront le vide laissé par le discrédit de la politique de parti et la disparition des partis politiques. Il suffit de regarder autour de soi pour percevoir, en France et ailleurs, les signes d’une semblable dégénérescence.

Direz-vous que rien de tout cela n’est inévitable ? Sans doute. Mais c’est bien ainsi que les choses risquent de se passer si le capitalisme est contraint de prendre en compte les coûts écologiques sans qu’une attaque politique, lancée à tous les niveaux, lui arrache la maîtrise des opérations et lui oppose un tout autre projet de société et de civilisation.

Car les partisans de la croissance ont raison sur un point au moins : dans le cadre de l’actuelle société et de l’actuel modèle de consommation, fondés sur l’inégalité, le privilège et la recherche du profit, la non-croissance ou la croissance négative peuvent seulement signifier stagnation, chômage, accroissement de l’écart qui sépare riches et pauvres. Dans le cadre de l’actuel mode de production, il n’est pas possible de limiter ou de bloquer la croissance tout en répartissant plus équitablement les biens disponibles.

En effet, c’est la nature même de ces biens qui interdit le plus souvent leur répartition équitable : comment voulez-vous répartir « équitablement » les voyages en Concorde, les Citroën DS ou SM, les appartements au sommet des immeubles-tours avec piscine, les mille produits nouveaux, rares par définition, que l’industrie lance chaque année pour dévaloriser les modèles anciens et reproduire l’inégalité et la hiérarchie sociales ? Et comment répartir « équitablement » les titres universitaires, les postes de contremaître, d’ingénieur en chef ou de titulaire de chaire.

Comment ne pas voir que le ressort principal de la croissance réside dans cette fuite en avant généralisée que stimule une inégalité délibérément entretenue : dans ce que Ivan Illich appelle « la modernisation de la pauvreté » ?

« Dès que la masse peut espérer accéder à ce qui était jusque-là un privilège de l’élite, ce privilège (le bac, la voiture, le téléviseur) est dévalorisé par là même, le seuil de la pauvreté est haussé d’un cran, de nouveaux privilèges sont créés dont la masse est exclue. Recréant sans cesse la rareté pour recréer l’inégalité et la hiérarchie, la société engendre plus de besoins insatisfaits qu’elle n’en comble, le taux de croissance de la frustration excède largement celui de la production » (lllich).

Tant qu’on raisonnera dans les limites de cette civilisation inégalitaire, la croissance apparaîtra à la masse des gens comme la promesse – pourtant entièrement illusoire – qu’ils cesseront un jour d’être « sous-privilégiés », et la non-croissance comme leur condamnation à la médiocrité sans espoir.”

Tiré de Reporterre

P-Value Reporting in the Biomedical Literature

Evolution of Reporting P Values in the Biomedical Literature, 1990-2015

Importance:  The use and misuse of P values has generated extensive debates.

Objective:  To evaluate in large scale the P values reported in the abstracts and full text of biomedical research articles over the past 25 years and determine how frequently statistical information is presented in ways other than P values.

Design:  Automated text-mining analysis was performed to extract data on P values reported in 12 821 790 MEDLINE abstracts and in 843 884 abstracts and full-text articles in PubMed Central (PMC) from 1990 to 2015. Reporting of P values in 151 English-language core clinical journals and specific article types as classified by PubMed also was evaluated. A random sample of 1000 MEDLINE abstracts was manually assessed for reporting of P values and other types of statistical information; of those abstracts reporting empirical data, 100 articles were also assessed in full text.

Main Outcomes and Measures:  P values reported.

Results:  Text mining identified 4 572 043 P values in 1 608 736 MEDLINE abstracts and 3 438 299 P values in 385 393 PMC full-text articles. Reporting of P values in abstracts increased from 7.3% in 1990 to 15.6% in 2014. In 2014, P values were reported in 33.0% of abstracts from the 151 core clinical journals (n = 29 725 abstracts), 35.7% of meta-analyses (n = 5620), 38.9% of clinical trials (n = 4624), 54.8% of randomized controlled trials (n = 13 544), and 2.4% of reviews (n = 71 529). The distribution of reported P values in abstracts and in full text showed strong clustering at P values of .05 and of .001 or smaller. Over time, the “best” (most statistically significant) reported P values were modestly smaller and the “worst” (least statistically significant) reported P values became modestly less significant. Among the MEDLINE abstracts and PMC full-text articles with P values, 96% reported at least 1 P value of .05 or lower, with the proportion remaining steady over time in PMC full-text articles. In 1000 abstracts that were manually reviewed, 796 were from articles reporting empirical data; P values were reported in 15.7% (125/796 [95% CI, 13.2%-18.4%]) of abstracts, confidence intervals in 2.3% (18/796 [95% CI, 1.3%-3.6%]), Bayes factors in 0% (0/796 [95% CI, 0%-0.5%]), effect sizes in 13.9% (111/796 [95% CI, 11.6%-16.5%]), other information that could lead to estimation of P values in 12.4% (99/796 [95% CI, 10.2%-14.9%]), and qualitative statements about significance in 18.1% (181/1000 [95% CI, 15.8%-20.6%]); only 1.8% (14/796 [95% CI, 1.0%-2.9%]) of abstracts reported at least 1 effect size and at least 1 confidence interval. Among 99 manually extracted full-text articles with data, 55 reported P values, 4 presented confidence intervals for all reported effect sizes, none used Bayesian methods, 1 used false-discovery rates, 3 used sample size/power calculations, and 5 specified the primary outcome.

Conclusions and Relevance:  In this analysis of P values reported in MEDLINE abstracts and in PMC articles from 1990-2015, more MEDLINE abstracts and articles reported P values over time, almost all abstracts and articles with P values reported statistically significant results, and, in a subgroup analysis, few articles included confidence intervals, Bayes factors, or effect sizes. Rather than reporting isolated P values, articles should include effect sizes and uncertainty metrics.

From JAMA

” Les façons de penser la société, de la gérer et de la quantifier sont indissociables ” (A. Desrosières)

” Les façons de penser la société, de la gérer et de la quantifier sont indissociables “(A. Desrosières)

Interview de Alain Desrosières par Sandra Moatti

“Contrairement aux précédents modèles, les nouvelles formes d’action publique ne reposent plus sur un centre unique, mais sur un ensemble de pôles de décision dont les relations sont négociées et réglées par le droit. Cette responsabilité partagée est encadrée par des indicateurs. Ainsi, les politiques sont de plus en plus inscrites dans des instruments quantitatifs. C’est une tendance de fond que l’on retrouve dans les méthodes communautaires autant que dans la nouvelle loi organique relative aux lois de finances (Lolf).

La façon dont les Etats européens se sont mis d’accord a été de se caler sur des indicateurs quantifiés. Depuis la Lolf, chaque administration doit produire des indicateurs permettant d’évaluer son action. Le risque est bien sûr que les politiques soient de plus en plus définies en fonction de règles automatiques qui limitent le débat. Ce nouveau rôle des indicateurs correspond aussi à la logique d’incitation qui domine aujourd’hui dans la théorie économique: il faut laisser les agents libres de leurs actions, mais les inciter à aller dans le bon sens. D’où la floraison de palmarès visant à évaluer et à classer les performances.”

Tiré de Alternatives Économiques