” Les façons de penser la société, de la gérer et de la quantifier sont indissociables ” (A. Desrosières)

” Les façons de penser la société, de la gérer et de la quantifier sont indissociables “(A. Desrosières)

Interview de Alain Desrosières par Sandra Moatti

“Contrairement aux précédents modèles, les nouvelles formes d’action publique ne reposent plus sur un centre unique, mais sur un ensemble de pôles de décision dont les relations sont négociées et réglées par le droit. Cette responsabilité partagée est encadrée par des indicateurs. Ainsi, les politiques sont de plus en plus inscrites dans des instruments quantitatifs. C’est une tendance de fond que l’on retrouve dans les méthodes communautaires autant que dans la nouvelle loi organique relative aux lois de finances (Lolf).

La façon dont les Etats européens se sont mis d’accord a été de se caler sur des indicateurs quantifiés. Depuis la Lolf, chaque administration doit produire des indicateurs permettant d’évaluer son action. Le risque est bien sûr que les politiques soient de plus en plus définies en fonction de règles automatiques qui limitent le débat. Ce nouveau rôle des indicateurs correspond aussi à la logique d’incitation qui domine aujourd’hui dans la théorie économique: il faut laisser les agents libres de leurs actions, mais les inciter à aller dans le bon sens. D’où la floraison de palmarès visant à évaluer et à classer les performances.”

Tiré de Alternatives Économiques

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